Depuis ma rentré d’Antarctique les choses ce bousculent, j’essai de calmer le jeu, ne pas me laisser emporter par les demandes nombreuses depuis la sortie de mon premier bouquin.
Le kayak monté sur la plage je plante le bivouac, avec le bois flotté j’allume un feu, la plénitude me gagne, je retrouve enfin les îles Lavezzi les vraies celles de l’hiver, cela faisait tellement longtemps que je ne leur avait rendu visite. Le soleil vient de passer derrière les falaises de calcaire de Bonifacio et je me rend au cimetière de la Sémillante. Pour moi c’est toujours une émotion d’être dans ce sanctuaire. 755 morts dans ce naufrage. Comme depuis le premier jours ou je suis rentré ici je leur parle comme avec ma grand mère qui elle est parti sereine. Je sent la présence d’âmes errantes encore en tourment. Des fois je me pose des questions si c’est bien normal de parler avec les morts ? La nuit enveloppe l’île et je rentre au campement. Le feu est toujours actif je l’alimente, je pense, assis sur un billot de bois je me chauffe les mains, dans l’axe du feu la lune sort elle est pleine, je n’ai ni musique ni radio juste la mélodie de la nature. C’est toujours dans ces moments de bonheur que je repense à mon accident, il m’en a fallu un cheveu pour ne plus vivre. Même une patte en moins je me sens serein fort très fort un peu comme un arbre fruitier ! Quand on lui à coupé quelques branches il a le choix ou de mourir ou alors de repartir de plus belle. Je me souviens il y a au moins 15 ans une grosse tempête d’hiver avait malmené les bouches de Bonifacio et le vieux mûrier des Lavezzi avait bien souffert, une grosse branche avait cédé et il était bien mal en point. Je l’avait élagué soigné et depuis il est reparti de plus belle, les vieux à terre disent qu’il a au moins 300 ans. Avec moi tous ce recycle tout à une renaissance la preuve je suis encore là. La grosse branche tombé je l’ai débité et mise à sécher dans mon hangar et depuis un petit morceau de ce bois sert de support au compas du Cabochard…
Que de souvenir sur ce caillou que de victoire de défaite…
Le lendemain de bonne heure je lève le camp pour rejoindre le Cabochard au port de Pianottoli. Le vent ce lève d’ouest pile poil dans le nez pas très fort mais juste assez pour transformer la balade en rame forcée. Je suis serein et prêt a rejoindre ma nouvelle aventure.
Même pas 24 heures et me voila à Genève logé dans le plus luxueux hôtel de la ville. Hier j’étais en bivouac sous des milliers d’étoiles ici il n’y a que 5 étoiles ! Le rendez vous est fixé à 7h30 avec le coach manager Chris Mac Sorley pour le petit déjeuner. Alex fait les présentations et nous discutons à bâton rompu de tout et de rien. L’homme dégage une force et une énergie incroyable, en quelques secondes nous sommes sur la même fréquence. La patinoire des Vernet est le repère de ces gladiateurs des temps modernes. Chris et Alex me présentent aux joueurs et je me lance, je leur explique que comme ils ce doutent je suis absolument novice dans leur sport par contre étant un élément libre et neuf je vais essayer de leur apporter un peu d’oxygène une manière peut être de penser différemment. Ils sont professionnels et ils savent que si leur coach m’a fait venir il y a une raison.
Je les observe pendant leur entraînements sur la glace, même en préparation ils ce donnent à fond. Cette année leur objectif était le maintien en ligue A mais ils ont fait mieux et ont fini 2ème . Du coup il ce retrouvent en Play offs. Pour les novices comme vous et moi je vais essayer de vous expliquer brièvement. A la fin du championnat composé de 14 équipes les 8 premiers sont retenus donc en « play offs » Le premier rencontre le 8ème le 2ème le 7ème etc etc le tout sur 7 matchs aller retour espacés de 2 voir 3 jours maxi. Celui des deux qui obtient 4 victoires est qualifiés. Nous sommes à deux jours du départ de ce 8ème de final. A la conférence de presse je suis présenté aux journalistes nombreux qui d’ailleurs me vaudra la une des journaux romands. Comme d’habitude je ne me laisse pas éblouir par ces pseudos paillettes, absolument pas, je connais ma tache et ne m’en dévierais sous aucun prétexte. Le premier match ce joue ici et le début est cahin-caha le match est gagné mais au penalties car la règle de ce jeu est différente par rapport aux autres sports d’équipes. Le match nul n’existe pas. Si les équipes sont en parités à la fin des trois tiers temps de 20 minutes il y en a un supplémentaire et si c’est encore nul cela fini par une succession de tirs aux buts façon « mort subite ». Donc ce soir Genève l’emporte aux penalties.
Mais ce n’est pas le résultat sur l’adversaire qui compte mais la victoire sur soi même.
Avec les gars le courant passe bien nous échangeons beaucoup, bien sur l’équipe est très international, 3 canadiens 1 slovaque 1 russe naturalisé suisse un français et Goran le capitaine Suisse d’origine Croate, le reste sont là aussi un mélange d’helvètes des cantons différents, Alémanique, Tessin et Romand. Tout ce petit monde a le même objectif la victoire. Deux jours après nous rendons en bus à Rapperswil au nord du pays, le match est catastrophique le public est violent et vulgaire et le jeu sur la patinoire ce transforme en combat de rue ! Le résultat en dit long défaite 5 à 1. Les 4h30 de bus sont long. Le lendemain je déjeune avec Chris il me demande mes sensations, l’homme est très charismatique et j’ai pu observer que tout le monde ici le craignait. Avec des gans je lui ai expliqué ma façon de voir, si hier soir l’équipe a perdu 80 % c’est la faute des gars mais 20% c’est la sienne, je vois sur son visage que ma déclaration ne lui convient pas, je lui déconseille même de venir à l’entraînement aujourd’hui. Je comprend dans ces yeux beaucoup d’interrogations en ce disant ce type je le fait venir je le paie il avait jamais vu un puck avant d’arriver ici et il me dit de ne plus venir aux entraînements mais qui c’est ce « frenchie » pour me dire ça ? Sans lui laisser le temps d’analyser mes commentaires je le laisse et rejoint la patinoire à pied. A mon arrivé aux Vernet je dis à Hans le coach assistant que Chris aujourd’hui ne viendra pas, je rentre dans les vestiaires solennellement et entame un monologue avec l’équipe je n’attend aucune réponse de leur part. En quelques secondes je leur explique que hier soir j’avais vu une équipe fragile car elle c’était trompé d’adversaire, leur rivale sur la glace hier ce n’était pas Rapperswil mais bien eux même. La bombe est lancé je leur annonce aussi qu’aujourd’hui Chris ne viendra pas… Silence dans les vestiaires. Très concentré ils s’entraînent mais malgré notre discutions Chris arrive je le bloque à l’entrée de la patinoire et lui rappel droit dans les yeux 20 % de la défaite hier soir c’est toi je pense il vaut mieux les laisser faire ! Comme tout grand entraîneur il analyse rapidement la situation et repart. Après la douche certain ce confierons à moi et je sent tout le monde un peu libéré. C’est l’anniversaire de Thomas et il nous invite tous pour un déjeuner oriental. Le troisième match en dira long 5 à 0 pour les aigles du Servette. Il ce qualifierons pour la demi finale. Mon boulot est fini est ce qu’il aura servi ? Je pense un peu… En tout cas ce qui est sur c’est que l’expérience est très enrichissante pour moi et les rapports humains sont la base de l’évolutions de l’homme et pas seulement dans le sport de haut niveau.
Court transit à Paris pour quelques médias et bref arrêt à Menton ma ville natale une vieille librairie locale organise une matinée signature j’arrive à l’heure il y a du monde, des visages que je connaît mais les noms ne me reviennent pas toujours, certaine dame sont très émues, d’anciennes petites copines sont venues aussi « pas rancunière les filles » me souffle Jo Zef. Mais de toute ces visites plus émouvantes les unes que les autres ce sera Aurélie et sa maman Poussy la femme de mon pote Dédé disparu qui me bouleversera les regards parlent. La petite est une grande femme et qui est prête à accouché d’ailleurs deux jours notre rencontre elle mettra un petit Joseph au monde ! la mascotte ce la joue un peu car elle croit que c’est en son honneur. Un peu la grosse tête la mascotte. Allez à « pluche » !
Les hommes viennent et repartent c’est le cycle de la vie on naît pour mourir !
Ouf je retrouve mon calme mon paradis, mon Cabochard bien solidement amarré, un copain me dit qu’une grosse tempête à balayer la Corse du Sud des vents de 160 Km/heures. Aïe mon kayak de mer posé sur le ponton n’est plus là. Il fait presque nuit j’essaie de chercher derrière sur la plage en bordure du maquis dans la pénombre mais je ne vois pas grand-chose. Je sais qu’ici chez nous ce style de vol est très rare. Je me maudit car juste avant de monter dans ma voiture pour aller récupérer mon avion j’avais regardé le kayak en me disant « tient tu ne l’a pas amarré » et je n’ai pas écouté la petite voie celle qui me dit toujours les choses justes. Je dépose en vrac mes affaires sur le bateau appelle Véro pour lui expliquer la situation et me voila muni de ma frontale avec mes bottes à la recherche de mon frêle esquif ! Le petit port de Pianottoli est une anse naturelle et le fond du fjord est une petite rivière Je marche sur un bord de fleuve mais je ne trouve rien j’ai allumé une lanterne sur le Cabochard pour voir l’axe du vent par rapport à l’endroit ou je suis. Normalement l’eau est basse mais là ce soir juste pour pimenter le moment un peu plus je me retrouve de l’eau presque à la taille. Je me met à rire « A le mec hier il était à la télé devant des millions de téléspectateur à faire le « kador » et ce soir il est en train de patauger comme un gamin » ! Les bottes sont juste pour la forme car bien sur cela fait un bon moment que l’eau provenant de la fonte des neiges me les a bien rempli . Mais un peu Cabochard le garçon je poursuis ma recherche. Finalement je le voie mais je dois traverser, ce n’est pas le Mississipi mais quand même ! J’avance, de l’eau au nombril en espérant qu’il n’y ai pas un trou qui me ferait faire le bain de minuit. Mais la berge remonte et je suis sauvé. Mon beau kayak est là posé, il m’attendait quelques minuscules égratignures mais rien de grave je vérifie bien l’embarcation et je redescend le cours d’eau heureux du dénouement .../...
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