Le fleuve yukon en kayak

Mercredi 4 novembre 2009

Je sais qu'au Yukon je ne pourrai me laver que dans le fleuve à 6°, alors je commence déja ici en montagne... 



Préparation


Souvent on me demande quel est mon préparateur physique, quel sont mes trucs et astuces ?

Le sujet est simple et complexe en même temps,je pense que chaque jour est une préparation !

Tout au long de notre vie nous traversons des évènements majeurs, certains nous les surmontons, d’autres nous les subissons. Avec du recul je m’aperçois que chaque épreuve est une préparation car tout est enseignement.

Dans mes préparations pour mes aventures je travaille sur un plan physique bien sur et surtout mental.

Il faut savoir quel objectif on s’est donné.

Ensuite, anticiper, puis se préparer.

Pour la descente du Yukon je sais que l’un des points à travailler est l’isolement. Mais ce qui va me servir c’est aussi mon passé, tous les coups que j’ai pris sur la tête ont été là pour me permettre de passer ce cap de solitude du moins je l’espère. Combien de fois la vie m’a mis devant un mur à franchir seul, envers et contre tous. Ces petites victoires m’ont permis de m’aguerrir et de pouvoir affronter d’autres murs encore plus haut .


L’important est d’être honnête avec soi même. Ma remise en question jusqu’à présent est l’essentiel de ma réussite. Je connais mes peurs et mes qualités et je les traite avec autant d’égard. Mes qualités j’essaie de les peaufiner et mes peurs de les transformer.

Combien de fois le matin je n’ai pas envie d’aller pédaler ou kayaker, mais je ne me laisse pas envahir par mon petit confort j’y vais et de mon mieux.

Je pense que si le monde occidental est si malheureux c’est que le « trop de confort » à tout sclérosé. Chacun a fait sa bulle et personne ne veut en sortir. La remise en question fait parfois mal, certains le vivent difficilement et du coup la fuient, mais un jour ou l’autre le mur est là juste en travers de la route et tout s’écroule. Manque de préparation, pas de dialogue avec l’inconnu, pas d’endurance et patatra !


Donc je suis mon instinct pour mes préparations : hygiène de vie parfaite, du moins j’essaie, temps de réflexion sur mon projet et du fond. Gainage tous les matins, vélo, kayak, marche en montagne et surtout je sais m’isoler et ça c’est très important.

J’essaie aussi de me mettre dans des situations un peu difficiles, sur des terrains que je ne connais pas forcément pour trouver l’équilibre le plus rapidement possible. Car si on prend l’habitude de casser les habitudes et les routines d’autre portes s’ouvrent beaucoup plus facilement.


Je fonctionne comme un loup solitaire, sur le qui vive continuel et prêt au combat (pacifique).

Les 7 mois qui me séparent de mon départ au Yukon tombent dans une période que j’adore ici en Corse, l’hiver. La nature est dépourvue de visiteurs et je peux pratiquer toutes sortes de « jeux » sans être débusqué.

Je sais aussi refuser beaucoup d’événements qui pourraient paraître alléchants mais me mettent dans un luxe mental qui pourrait me déstabiliser, ma phrase qui me suit depuis mon adolescence est « parlons utile ». Donc sur ces 7 mois qui me reste, j’ai refusé un grand nombre de rendez vous qui sont hors sujet à mon esprit. Le téléphone et les courriels au compte goutte et je rentre dans l’essentiel. J’aurai bien le temps de goutter aux paillettes à mon retour.


Voilà une petite réponse à un vaste sujet qui n’est que l’huile essentielle de mon parcours.


Chaque jour, chaque aventure, chaque épreuve est une sorte de préparation au jour final.

 

Par Frank Bruno
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Lundi 2 novembre 2009
    

La tempête pointe son nez un petit force 10 pour cette nuit…


Ce matin le baro fait de la chute libre et la houle du large me rend visite, le vent est encore faible. C’est sur il faut que j’aille voir dehors comment se prépare les « festivités ».

Ma "Vrai" me fait un sourire même pas besoin de conseil ou de recommandation elle me connaît par cœur. Nous nous donnons rendez vous bientôt dans quelques jours, elle retourne à la ville, moi je retourne « chez moi », là bas !!!


Je viens de recevoir de nouvelles pagaies en bois très affilées pour aller face au vent comme ont les esquimaux. Puis surtout ma nouvelle voile entre kite-surf et cerf-volant. Je l’ai testé à terre, en pneumatique mais jamais en kayak. Je dois d’abord sortir du golfe long de presque 2 kilomètres face au vent, un grand dauphin commun m’accompagne ! Si il est là c’est que sa « pitance » quitte le large pour se réfugier à terre et donc ça veut dire que ça va être très mauvais.
La houle me rappelle à l’ordre, je deviens encore plus attentif, je me faufile entre les cailloux pour me retrouver en pleine mer. Malgré une dernière expérience qui me coûta un bain forcé dans une mer déchaînée je suis sur la pointe des « pagaies » mais avance quand même. Le vent prend de la force à peine 20 nœuds. Je mets l’embarcation dans le sens du vent et tente de mettre en œuvre ma « voile ». En moins de 2’ le kite prend de l’altitude et je suis tracté par éole. L’avantage de ce nouveau système est que le cerf-volant tient tout seul en l’air, il suffit de l’amarrer judicieusement sur le kayak et il mène sa vie tout seul. Ce qui me laisse la liberté des mains pour pouvoir pagayer dans une mer formée et maintenir le bonhomme et son bateau au sec. Je file comme un matelas de plage et rentre vers mon Cabochard avec une facilité déconcertante.

Ouah, je suis vraiment heureux de cet essai .
Bien sur je ne fais pas trop d’illusion sur son usage au Yukon, il me faudra du vent dans le bon sens, pas trop fort ni trop faible et suffisamment de largeur du fleuve pour pouvoir l’envoyer sans le risque qui se retrouve dans un nid de corbeau !

Bref qui vivra verra !

Toute les info sur cette merveille: http://www.kiteboat.net/

Ps : Jo Zef lui tente de sortir derrière moi en ski nautique sans ski mais sur une poêle à crêpe !!!

Par Frank Bruno
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Mardi 27 octobre 2009
Il y a quelques instants je revenais d'un de mes deplacements en avion, le spectacle du soleil qui se couche...

J'ai le nez collé au hublot et ne pouvais decrocher le regard de l'ouest, à bord le monde ronronne mais personne n'est attentif au spectacle !
Comme un poéme d'une grande beauté, j'apprécie le grand astre qui disparait, le peau rouge de mediterrannée c'est lui !
Il me rechauffe, il me rassure, il me sussure des choses complétement etonnantes !
Oui ! Celle qui dit que je suis là sur terre et que j'existe, que je vibre grace à lui.
Quelle offense de passer à coté de son couché...
Je sais je suis un "dingo" pour certain mais un amoureux de la vie...

J'aime les légendes des grands peuples nord americains, en voici une rien que pour vous..


...//La vie dans un tepee est bien meilleure. Il est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, et facile à déplacer.
 
L'homme blanc construit une grande maison, qui coûte beaucoup d'argent, ressemble à une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil, et ne peut être déplacée ; elle est toujours malsaine.
 
Les Indiens et les Animaux savent mieux vivre que l'homme blanc.
 
Personne ne peut être en bonne santé sans avoir en permanence de l'air frais, du soleil, de la bonne eau.
 
Si le Grand Esprit avait voulu que les hommes restent au même endroit, il aurait fait le monde immobile ; mais il a fait qu'il change toujours, afin que les Oiseaux et les Animaux puissent se déplacer et trouver toujours de l'herbe verte et des baies mures.
 
L'homme blanc n'obéit pas au Grand Esprit. C'est pourquoi nous ne pouvons être d'accord avec lui.
 
FLYING HAWK, Chef OCETI SAKOWIN OYATE OGLALA


Rendez vous en fin de semaine car demain je pars la haut dans les montagnes, j'ai encore plein d'histoires à apprendre, comme l'escargot j'emmene ma maison sur mon dos, comme l'aigle je vais regarder le monde de la haut, comme l'ours je vais hiberner,comme le loup je vais errer et comme un homme je vais penser...

N'oubliez pas demain soir si vous regardez le soleil se coucher moi aussi je le guetterais.
A pluche.


Par Frank Bruno
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Lundi 26 octobre 2009


 

Voilà le calme revient tout doucement, les rencontres de la Guilde m’ont complètement enchanté mais je me dois de revenir vite les pieds sur terre.
Encore une semaine pour finaliser le festival et ses retombées et enfin je vais rentrer dans ma profonde préparation.

Le fait de recevoir ce trophée va me permettre d’alléger la phase 1 de l’expédition (recherche de partenaires, medias) d’un coup tout s’allége et cela va être la première fois que la phase 1 est presque finie bien avant la date de départ.

Ne croyez pas que je me sois endormi pendant ces quelques mois ! J’ai réussi  à pédaler et surtout à pagayer mais pas avec la tête libre, ma « Vrai » et Alex sont derrière heureusement mais je me dois de régler beaucoup de choses tout seul.

Encore une semaine et je vais enfin me sentir léger comme un « Ours Brun?!§"# » 

Si j’arrive à avoir une préparation physique parfaite pendant les 7 mois qui me reste avant mon départ pour le Yukon je n’aurai plus qu’à gérer le mental et le matériel une fois là bas.


En même temps il n’existe pas d’aventure sans cette « phase 1 » où l’on doit se transformer en « homme d’affaire », arriver à convaincre que l’aventure que vous allez vivre est la meilleure et que ne pas la sponsoriser est une grande erreur. Vous métamorphoser en journaliste à votre tour pour comprendre comment les medias pourront relier votre saga…

Après, regrouper tout le matériel très spécifique qui va être utilisé pendant tout ces mois de périple, le bon kayak ( c’est fait), les bons vêtements (c’est fait), la nourriture (au dernier moment), les cartes, GPS et matos pour le contact avec le PC (c’est en cours), l’arme nécessaire pour les « mauvaises » rencontres (au dernier moment au Canada) et ensuite penser aux petits détails comme le boite à pharmacie réduite mais complète, la boite encore plus petite à la « MacGyver » pour pouvoir tout réparer, ajuster, bricoler…

Comme j'embarque aussi 6 ados avec moi sur les premiers kilomètres je dois faire le casting  mais tout ce fait naturellement( prochainement je donnerai plus de détails)
Je passe encore sur une multitude de détails, mais cette fois il me semble que je suis bien en avance. Donc que du bonheur.



Pour conclure ce petit article la fin du texte de Rudyard Kipling :

Car recevoir des honneurs de cette ampleur sont à double tranchant et ces quelques mots me conviennent à souhait.


../ Si tu peux rencontrer triomphe après défaite,

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête,

Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Ne seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Jo Zef a déjà trouvé la canne à pêche pour taquiner le saumon qui finira dans sa crêpe !!! 

A pluche ! 



Par Frank Bruno
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Mercredi 14 octobre 2009


 

De temps en temps je vous l’ai dit je reviens sur ma future expédition au Yukon, plus que 7 mois avant le départ.

L’automne enfin montre le bout de son nez et l’île reprend une quiétude propice à mes entraînements.

Ma maison qui est mon petit bateau le « Cabochard » est mon refuge et à l’endroit où il est amarré c’est la grande paix.
Finalement je rentre dans le sujet, cet fin d’été n’a été qu’une course contre la montre mais voilà tout a été fait et bien en plus, mais ouf !
D'ailleurs mon blog en a souffert un peu !

Je vais pouvoir me concentrer et peaufiner ma mise en condition.

Allez ! Encore quelques rendez vous mais tout est calé donc ça roule tout seul.


Pendant ces quelques mois je vais travailler l’endurance mais je pense que la réussite de cette longue descente du fleuve Yukon sera la solitude.

Je suis solitaire ! Donc ça aide !! Je vous rassure j'ai une mutitude de pôtes au quatre coins du monde et un petit groupe de  grands amis qui sont un peu mes fréres et soeurs!


Mais cette solitude des grands espaces je ne l’a connaîs pas vraiment, je me doute, je pressens des choses mais ce n’est que du « mais ».

Dans mon sac où que je sois j’ai toujours un cahier où je note ce que je dois améliorer sur tel ou tel matos, ce que je dois débarquer ou au contraire rajouter, un morceau de ficelle plus long ,un tube de colle rapide supplémentaire, un morceau de fil de fer…

Et aussi et c’est plus fort que moi j’écris des mots, cet hiver en kayak le long des côtes Corse j’ai cogité sur le fait d’être seul…


Etre seul c'est écouter tout ce que l’homme ne peut écouter 

Etre seul c'est se découvrir

Etre seul c’est commencer à grandir

Etre seul c’est aimer et être aimé

Etre seul et l’insignifiant devient édifiant

Etre seul au monde ? Pas possible l’amour est mon compagnon de toujours…


Comme d’habitude ses mots sont issus de plusieurs jours seul face à moi-même et  ma « Vrai » sait comme j’en ai besoin et que ces moments sont ma force et mon énergie.


La photo en illustration démontre la force de l’amour…


Et dire que certains en sont « amputés » les pauvres pas de prothèses prévues pour ça !!!

Celui qui croit trouver en soi-même de quoi se passer de tout le monde se trompe fort ; mais celui qui croit qu'on ne peut se passer de lui se trompe encore davantage.

Duc de La Rochefoucauld !


Et Jo Zef rajoute : seul comme un pot de miel sans crêpes !!!

A pluche



 



 

Par Frank Bruno
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Mardi 4 août 2009
Photo hiver 2008

Finalement hier le coup de vent d’Ouest dans les Bouches de Bonifacio a fait annuler le rassemblement prévu avec Greenpeace et la fondation Surfrider mais ce n’est pas pour autant que l’évènement fut occulté, les politiques français et Italiens ainsi que les associations  se sont rencontrées et ont signé des engagements !!!

Qui vivra verra !

 

Ce matin tranquillement je repars en mer essayer encore une fois la mixité voile de kite et kayak de mer. La mer est bien formée mais sans être énorme, un petit mètre de creux et une brise d’une vingtaine de nœuds, je commence à ressentir les biens faits de mes entraînements et face à Éole j’avance sans souffrir, je me suis fixé les îlots des Bruzzi à environs 4 nautiques de mon Cabochard que j’atteins en moins d’une heure ce qui est une sacrée performance en prenant compte des conditions météo du moment. Juste avant de partir j’ai arrangé le Cabochard comme si je devais m’absenter longtemps ? Intuition, superstition ???

 

Bon c’est le moment de rentrer, le vent fraîchit comme j’avais prévu, ma voile de kite semble prête à l’envoi mais elle se bloque dans mon safran, je suis un peu prisonnier dans mon hiloire et du coup je rebrousse chemin face au vent pour rejoindre les Bruzzi et un accès à terre pour défaire le nœud de « spaghetti » !

Deuxième essai et rebelote l’autre drisse se coince de nouveau dans mon safran, je refuse de tirer car je sais qu’en force je casserai du matériel alors demi tour pour les Bruzzi, la fumée commence à me sortir par les oreilles, mais je me calme et remets tout en place, mais voilà le vent et la mer ont décidé aujourd’hui de jouer avec moi et cette fois c’est les deux en même temps qui se coincent, je jure que c’est bien la dernière fois !!!

 

Eureka cette fois c’est la bonne, la voile tiens bien en l’air mais le vent est soumis à des rafales et la houle me pousse au surf, le cap que je prends ne me convient pas et je dois essayer de tricher sur tribord pour pouvoir passer le cap devant moi, mais que cela ne tienne je suis un peu Cabochard et je crois que ce sera simple !

Je suis envoûté par la voile et me laisse happé par ses suspentes qui la maintienne parfaitement en l’air, les déferlantes me poussent mais voilà une plus violente que l’autre me prend trois quart arrière et me propulse dans le creux de la vague, juste à ce moment une rafale de vent me met un coup de boutoir sur la voile et je comprend mais trop tard que je pars au « bouillon » ! Au large seul et sans assistance je suis coincé dans mon kayak d’expédition et sur ce type d’embarcation l’esquimautage est impossible. Je suis maintenu sous l’eau par les commandes de mon palonnier, je me calme et avec douceur mais dextérité arrive à m’enlever de ce piège.

Le kayak est à l’envers et la côte de granite où la houle se brise  est à moins de 500m, j’essaie de retourner les 300 kilos et d’un coup la « baignoire » se retourne, je tente de me hisser à bord mais je rechavire, l’histoire va durer 5 fois !

Je comprends que tant que mon embarcation est pleine d’eau il me sera impossible de le redresser. 

Accroché d’une main, de l’autre j’écope doucement et finalement retrouve le bord, la manœuvre est ardue car il est encore plein et je déploie une énergie colossale pour rejoindre un mini abri.
J’attends une déferlante pour me glisser entre deux écueils et retrouver un point d’eau calme, ça y est je suis entier et le kayak aussi…

Je prends mon temps pour le vider et retrouver un peu mes esprits, il est déjà midi, mais je suis rassuré car personne ne m’attend aujourd’hui. Je remets en état la voile, vide l’eau de mes bottes et de ma prothèse et reprends la mer. Je suis attentif et ni la houle et le vent ne viendront troubler mon avancée, le cap doublé je renvoie la voile et finirai le retour sans encombre jusqu’à mon Cabochard.

Je suis heureux de cette aventure car je commençais à être un peu trop sûr de moi en pleine  mer avec mon beau kayak, cette journée est une remise en question magnifique et donne absolument tout un sens au nom que j’ai donné à mon petit bateau :

« Immaqa » prononcé Imara qui signifie en Inuit : Peut être

 

Si vous recevez un drôle de coup de téléphone c’est sûrement un mérou qui a récupéré mon portable et s’amuse à vous appeler !!!

 

S’il te plait Jo Zef arrête de ricaner et de faire le malin, ce matin t’as pas voulu venir avec moi et du coup t’as évité le bain forcé !!!

Sacrée mascotte !

A pluche !

 

Par Frank Bruno
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Jeudi 30 juillet 2009


Pas une ride la mer est comme un miroir, les bateaux au mouillage semblent sans vie, seul le bruit de mes pagaies cassent ce silence. Histoire après histoire chaque jour est différent, il me reste 10 mois avant mon départ dans le grand nord !

Je dois rentrer au plus vite dans la préparation de ces milliers de kilomètres en autonomie complète. Une rivière, un homme, un kayak et des milliers de raisons pour dire non et des milliers pour dire oui.

Le Yukon est omniprésent dans mes journées , tout est excuse pour que j’y pense, mes sorties vélo m’ont fait croiser des rivières et des lacs et bien sur je partais là bas sur

 « le grand fleuve »

Aujourd’hui je suis muni d’une mini voile de kite et comme un coup de vent d’ouest est annoncé je sais que c’est le moment.

Je glisse sur l’eau, mon étrave ouvre la mer bien calme pour l’instant, je vais essayer de rejoindre l’archipel des Bruzzi, à quelques encablures de là j’ai un micro abri pour m’y cacher et déguster un café…

Ces moments de paix sont pour moi, l’huile essentielle de mes rencontres, dans la solitude des grands espaces j’y puisse une énergie hors norme qui me vaut la réputation d’être infatigable. Pourtant la recette est là, c’est dans la solitude de la nature que je me ressource, hélas l’été la Corse est soumise à un envahissement de masse et seuls quelques endroits sont encore dignes du nom « d’île de beauté ».

Là de mon repère de « corsaire » j’observe le jour qui se lève, un jeune cormoran de l’année, reconnaissable à son poitrail encore blanc, essaie de trouver sa pitance.

Je reprends la mer, le soleil commence son boulot de « four à touriste », combien fraîchement « déballé » encore tout neuf vont être brûlés ce soir ?

Au large je vois les pêcheurs qui remontent leurs filets, mieux que moi ils savent qu’ils ne doivent pas traîner, l’Ouest va nous rendre visite et gare à celui qui lui manque de respect.

Au loin je vois la barre de vent qui surgit ça y est il se réveil, ici dans l’extrême sud de la corse il est plutôt insomniaque, mais la mer sans vent c’est comme une fille sans charme…

 

Je reste planté à voir l’opéra se mettre en route, les premiers moutons viennent à ma rencontre ils me racontent chaque fois de sacrées histoires anciennes de marins perdus dans les tempêtes. Ca y est le vent prend du volume, il se met sur un bon braquet et mouline, à moi de me mettre dans sa roue.

Ma mini voile de 1,6m2  est prête, les relais sont clairs et j’envoie la sauce, c’est un peu de l’improvisation mais je suis obstiné et au bout d’un moment réussi à faire tenir le kite au dessus du kayak, ça y est j’avance à bonne allure. Je deviens un Albatros de Méditerranée,mes mains posées sur l’hiloire jouent à peine  avec les retenues pour le maintenir en bon ordre, je glisse sur l’eau sans pagayer, les 15 nœuds  de vent me font avancer au moins à 5 nœuds sans le moindre effort.

Je me laisse porter vers mon avenir, peut être que dans 10 mois l’aigle royale d’Alaska verra passer un tout petit kayak rouge tiré par un papillon multicolore sur le grand fleuve Yukon…

 

 

Vis ce jour comme si c’était le dernier et fais des projets comme si tu étais éternel…

 

Ps : Jo zef a vu les moutons mais pas le berger ? ( J’ai essayé de lui expliquer mais il est un peu Cabochard ! Lui !!!)

 

A pluche ! 

Par Frank Bruno
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Mardi 30 juin 2009


Sacrée mascotte j'ai essayé de lui expliquer qu'on allait dans un endroit où il n'y avait que des ours bruns et noirs et surtout que les ours blancs vivent au pôle nord et les manchots au pôle sud et qu'il est impossible qu'ils se croisent !!!

Mais vous connaissez Jo Zef il n'en fait qu'à sa tête !!!


Pour vous donner une idée du projet et conclure pour l'instant, l'aventure consiste à descendre le fleuve Yukon sur sa totalité qui me fera partir de Whitehorse état du Yukon au Canada quand le fleuve se délibèrera de sa gangue de glace et descendre les 3100 km pour rejoindre la mer de Béring. Si vous prenez une carte type google vous y verrez des villages mais ces lieux sont minuscules avec au plus fort de l'été 50 à 80 habitants. Les natifs sont les premiers à s'y être installés, ils venaient de mongolie il y a des milliers d'années et en traversant le détroit de Béring pris par les glaces ils ont doucement colonisés ses lieux trés hostiles.
D'autres avec le temps ont descendu le continent Americain et au fur et à mesure sont nés les peuples que l'on connait :
(Apache, Maya, Inca, Fuegien...) Vous connaissez la suite !
Nos aieux ont soif de conquêtes et sous prétexte de savoir religieux les ont trahis, massacrés, bafoués et exterminés...

Je sais qu'ils ne sont pas trés causants et pour eux l'homme blanc est le porteur du mal mais se sera à moi à me fondre et à rester dans mon coin pour ne pas déranger. Si je sens que je ne suis pas à ma place je poursuivrai mon chemin.

Mon kayak est un nautiraid et je pourrai le charger de 200 kilos de matos et nourriture, j'aurais un telephone satellitaire irridium et un mini PC étanche pour envoyer des photos et un journal de bord, une boite "mac Gyver" pour réparer ce qui en a besoin, un fusil de chasse 12 millimétres pour les rencontres un peu trop "intime".

Mes 60 jours de nourriture lyophilisée me permettront de prendre mon temps pour pécher, chasser ou cueillir et il me sera impératif d'être attentif à ma reserve de nourriture.

Comme d'hab je vais faire partager cette belle aventure avec quelques jeunes "éclopés" de la vie et j'ai prévu de faire les premiers 200 kilométres avec 4 jeunes adhérents de Bout de vie. Nicolas Dubreuil me donnera un coup de main ainsi que ma Vrai. Le but sera pour eux de rejoindre le village de Carmacks avec moi en canoé double, là bas  il y a une route avec un service de bus pour rejoindre Whitehorse pour la France sous le contrôle de  Niko et Véro.

Des partenaires financiers trés prestigieux sont sur le coup et ma tâche devient plus facile.

Voilà en deux mots comment se déroulera cette belle et longue balade.

Jo Zef sera mon compagnon de route et je crois que je changerai la pancarte qu'il arbore où il est écrit: "chu pas une peluche OK !" par
"Chu pas un ourson orphelin OK"

Vous ne voyez pas l'histoire : La mascotte enlevée par une maman ours en manque de petit !!!

A pluche !

Par Frank Bruno
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Lundi 29 juin 2009




Après une longue et mure réflexion la décision est prise je pars !!!
La date bien que lointaine de fin mai 2010 ne me laisse plus que 11 mois pour préparer, anticiper ce vaste et beau projet qu’est la descente en kayak du fleuve Yukon en solo (soit 3100km).

Depuis que je suis gosse les régions Nord-américaines m’ont fait rêver, et comme j’arrive à réaliser tous mes rêves, c’est décidé « I must go and see ».
Ce qui me retenait le plus jusqu’à présent c’était l’isolement total de ce voyage mais le temps m’a apporté pas mal de sérénité et même si la peur sera ma compagne elle ne sera pas un frein bien au contraire.
Les dangers sont faibles voir quasi nul mais comme ils sont inconnus pour moi ils ont tendance à me noircir le tableau.
Je dois être vigilent des Ours ( Barrybal et Grisly) et bien sur développer le sens de survie que j’ai déjà pas mal du moins je crois?  (Moi j’en suis sur !)
Le fait marquant est que je risque de me retrouver des semaines sans rencontrer personne et du coup je vais une fois de plus me retrouver en intimité avec moi-même, jusqu’à présent dans toutes mes aventures il y avait au moins une personne.
Cette fois je n’ai pas de repli ou de confidence, je vais ne devoir compter que sur moi-même. La solution ne sera que dans mes raisonnements et réflexions.
La solitude est une compagne qui ressemble à un miroir et je crois que c’est l’une des raisons pour laquelle notre société en a peur. Quand je parle de solitude c’est pas celle des villes où les gens ne communiquent plus ensemble et peuvent rester seuls des jours bien protégés par les murs de leurs « ghetto », mais celle de la liberté où la maison est une forêt plusieurs fois grande comme la France sans presque aucun habitant et où on peut entendre le souffle de la nature comme une mère au chevet de son enfant.
J’ai envie d’entendre le silence de la vie, j’ai envie de pouvoir hurler l’amour que j’ai envers la nature, j’ai envie de devenir l’un d’eux pendant quelques temps, décrocher de notre système sociétal qui pourrait être sublime mais qui a un début de gangrène aigue !

Pour ceux qui ont vu ce film « Into the wild » sachez que j’en suis à l’opposé, j’aime la vie et je me prépare de mon mieux pour cette longue balade. Pour moi ce film est désespérant de tristesse et de manque de jugeotte !
D’ailleurs il aurait dû l’appeler « un suicide annoncé » .

Pour en revenir à ce projet mon choix est donc pris je pars ; de temps à autre je vous dévoilerai quelques lignes de ma longue préparation mais je vous rassure je ne vous bassinerai pas tous les jours avec, il y a encore 11 mois.

Hier ma Véro m’a déclaré sa joie et son angoisse par rapport à ce périple et je ne peux que l’approuver.

Joie car elle sait à quel point ces aventures sont mon équilibre et angoisse car cela va être plusieurs mois sans se voir, mais elle sait que  si je vais souvent m’enfouir dans les grands éléments c’est pour aller chercher encore plus au fond de son âme l’amour que nous avons l’un pour l’autre.

Ultérieurement je vous donnerai des précisions sur l’aventure mais on a tout le temps. Au fait vous avez remarqué que je ne parle plus de défi mais d’aventure ou de balade car j’ai mis un peu de temps à comprendre que la vie n’était pas un défi, mais une amie à aimer…

A pluche !
Par Frank Bruno
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Lundi 18 mai 2009


Notre existence terrestre n'est qu'une partie de notre voyage vers le monde des esprits, et il est essentiel de bien le préparer. […] Selon nos enseignements traditionnels, la façon dont nous vivons notre existence terrestre influence notre voyage spirituel. Si nous sommes amers, coléreux et pleins de remords, notre voyage s'en ressentira. C'est pourquoi nous pensons que l'existence terrestre est sacrée. Chaque jour doit être un bon jour, avec plein de pensées et de sentiments positifs, car nous ne savons pas quand nous devrons quitter cette terre.



Pensée amerindienne que nos aieux appellaient les "sauvages"...
Par Frank Bruno
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  • : Frank Bruno
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  • : 31/12/1964
  • : Corse mediterranée haute altitude calote polaire
  • : amour decouverte liberté partage aventure
  • : Amputé à l'age de 18 ans ma vie c'est reconstruite autour de voyage à travers le globe. Je me lance dans la grande aventure que certain appellent "Extrême": Les pauvres!
  • : Marié/Pacsé/Union libre
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